Notre histoire avec l’industrie

Si vous nous connaissez déjà un peu, vous le savez : La Moindre des Choses est une agence engagée au service de convictions profondes. Parmi elles, la nécessité de contribuer à la renaissance de notre industrie nous tient particulièrement à cœur. Il nous importait donc de vous raconter pourquoi

Une histoire de famille…

Familiale, notre agence porte naturellement l’empreinte de nos histoires personnelles. Or, comme pour beaucoup de nos concitoyens, l’industrie fait partie intégrante de notre histoire familiale. Avant nous, notre mère eut à défendre le travail manuel en qualité de communicante auprès du secrétariat d’État de Lionel Stoléru, au tournant des années 1980. Ses propres grands-parents étaient eux-mêmes respectivement cadre chez Alstom (ou plutôt Alsthom, comme on l’écrivait à l’époque) d’un côté, ouvriers du textile dans l’Essone de l’autre.

Ci-contre, au centre de cette photographie de groupe des mécaniciens des Ateliers Les Fils de A. Brinon, notre trisaïeul Louis Firon. Sur ses genoux, notre arrière-grand-père Hubert est encore très jeune. Lui aussi travaillera la laine à l’usine. A sa fermeture après-guerre, la famille tâchera tant bien que mal de garder une petite activité de confection sous la griffe de Norif, en sous-traitance pour des donneurs d’ordre parisiens. C’est notre grand-mère Monique, qui elle aussi participa à l’activité, qui nous en a transmis le récit. Une histoire en demi-teinte d’abord marquée par le progrès et la prospérité, puis par le déclin et un certain déclassement dans un contexte social, économique et international complexe et tendu.

Mais c’est plus tardivement que nous devions découvrir un autre pan de l’histoire familiale, mêlé cette fois-ci à la grande Histoire industrielle, économique et politique. Bien que plus lointaine, la découverte de notre ascendance commune avec Jean-Baptiste André Godin (descendant d’une longue lignée de serruriers créçois dont une partie prit le nom de Moret, dont nous avons hérité) fut une véritable révélation. Autodidacte, le créateur des poêles qui portent son nom est aussi connu à travers le Monde entier pour avoir réalisé son utopie en fondant le Familistère de Guise (dans l’Aisne), véritable Palais social où s’épanouirent ses idées avant-gardistes sur l’association du capital et du travail, le logement, l’accès à l’instruction et à la culture…

A gauche, le médaillon représente le profil de Marie Moret, seconde épouse de Godin (buste à droite) et fille de Jacques-Nicolas Moret (voir ci-dessous).

Sensibilisé à la question sociale lors de son compagnonnage réalisé avec son cousin Jacques-Nicolas Moret et dont le tour de France se termina à Lyon, Godin fut d’abord sensible au saint-simonisme avant de devenir un fouriériste engagé au point de s’embourber dans l’entreprise de la création d’un phalanstère au Texas. Mais c’est finalement à Guise, selon ses propres moyens et conceptions, qu’il parviendra à donner vie à son idéal.

Si bien que l’industriel est aujourd’hui considéré comme l’un des précurseurs sinon l’inventeur de l’économie sociale (on parle aujourd’hui d’Économie Sociale et Solidaire ou ESS), pionnier des modèles coopératifs ou encore du logement social. Autant de causes et d’approches auxquelles nous revendiquons notre attachement — car elles trouvent aussi écho dans nos propres parcours personnels et professionnels. Un attachement encore ravivé par notre première visite du Familistère en août 2023 : un édifice édifiant toujours debout et admirablement mis en valeur et en récit.

Une question de génération

Nous avons beau descendre de la même lignée de serruriers que Godin et être dépositaires de la mémoire familiale que nous venons d’évoquer, vous l’aurez constaté : nous ne sommes pas pour autant devenus des entrepreneurs de l’industrie… Pourtant, le sujet nous a tous deux intéressés très jeunes, avant même d’appréhender notre histoire familiale. Ce fut un phénomène générationnel : lorsque la crise de 2008 éclate, nous avons 13 et 17 ans, bien assez pour comprendre l’importance de notre modèle social, son lien vital avec notre économie, et les déstabilisations causées par une mondialisation qui semble échapper à tout contrôle. Notre génération amorce, par la question sociale et économique, sa lente prise de conscience quant aux défis contemporains.

Quelques années plus tard, nous initions notre première « entreprise » commune — et il s’agit déjà d’une histoire de communication. Le Blog français, nom certes fort peu original mais relativement précoce dans le paysage informationnel, naît peu ou prou au moment où un Ministre du Redressement productif pose en marinière en couverture d’un magazine qui fera date. Ce journal de bord aujourd’hui disparu retraçait notre enquête : on cherche à y mettre en valeur tout ce que nous pouvons trouver de made in France. Presque naïve et totalement désintéressée, la démarche est exaltante : le jacquard, les couteaux de région, les Entreprises du Patrimoine vivant (EPV), le champagne… tout y passe ! Sans le savoir, nous devenons des « créateurs de contenus », d’ailleurs rapidement démarchés par quelques malins en quête de brand content. Nos études auront raison de ce projet, mais ce n’était que pour mieux rebondir.

Nos premières vies professionnelles au contact de l’industrie

Nos entrées respectives dans la vie active nous ont rapidement confrontés à l’industrie. En tant que chef de projet brandesign au sein d’une grande agence de communication, Clémence travaille sur différentes opérations de communication ainsi que sur la plateforme de marque de plusieurs clients industriels, dans les secteurs de l’agroalimentaire (Valrhona…) et des pneumatiques (Continental…) notamment.

Mais c’est surtout en qualité de chef de produit dans une petite entreprise de cosmétique qu’elle découvre le contact direct et opérationnel avec les métiers de la production : verriers, imprimeurs, conditionneurs… Tout en découvrant les chaînes de production internationales, elle peut y défendre son attachement aux entreprises françaises. Hélas, et de nouveau, la crise du secteur et la concurrence mondiale auront raison de cette entreprise.

C’est justement à ce moment, en 2019, que Valentin termine ses études et initie son activité indépendante. Ce contexte ne fait que raffermir sa volonté d’aider, par son activité, les entreprises françaises à se défendre contre certaines offensives : déstabilisations par l’information, espionnage économique, concurrence déloyale… Or c’est d’abord le secteur de l’aménagement du territoire, de la construction et l’immobilier qui le sollicite pour étudier les contestations de nombreux projets et conseiller certains opérateurs dans la gestion de ces conflits.

Il ne perd par l’industrie de vue pour autant. Dès 2020, du fait de la crise sanitaire, la question de la réindustrialisation revient sur le devant de la scène. Or les modalités de cette ambition font débat : l’acceptabilité des nouveaux projets industriels devient un sujet incontournable. Transposant et adoptant la démarche qui a fait ses preuves concernant les projets d’aménagement du territoire, il commence alors à publier sur les sujets industriels et à étudier des cas particuliers de projets ou secteurs (filière forêt-bois ; technologies…). Passionné par le rôle actif des idées et représentations dans la structuration de notre économie et de cette renaissance industrielle il met, en qualité de conseil, ce travail de fond enrichi d’apports historiques, géopolitiques et philosophiques à profit d’acteurs influents au service de la cause industrielle.

La Moindre des Choses pour l’industrie

Forte de ces trajectoires, La Moindre des Choses développe aujourd’hui plusieurs projets liés à l’industrie auprès d’entreprises du secteur, mais également dans le secteur de la formation aux métiers de l’industrie ou encore auprès d’acteurs de la vie des idées et du débat public autour de ces enjeux. Toujours et plus que jamais engagés pour faire progresser la cause de l’industrie française, nous menons un véritable travail de fond pour apporter des solutions innovantes et véritablement utiles aux acteurs de celle-ci :

  • Des prestations résolument tournées vers l’efficacité, en phase avec les intérêts stratégiques de la structure. Car, vous l’avez compris, nous percevons bien les difficultés particulières de l’industrie en France : nous mettons donc un point d’honneur à répondre, de façon concrète et adaptée, aux véritables enjeux stratégiques des entreprises et organisations avec qui nous travaillons.
  • Une conscience aiguë du déficit d’image et de notoriété dont souffrent trop souvent les filières et entreprises industrielles, de même que leurs métiers et les formations qui y mènent. Nous savons pourtant combien l’industrie est motrice et déterminante pour la société dans laquelle nous vivons : c’est pourquoi nous travaillons aussi à faire rimer communication avec valorisation.
  • Une attention et un sérieux tout particulier porté à la RSE : car l’industrie est un secteur à très fort enjeu social et environnemental. Pour l’avoir connue et travaillée sous différents angles, la technicité et la complexité des activités industrielles ne nous fait pas peur : nous considérons que notre rôle est de rendre les problématiques accessibles à toutes les parties prenantes, et non pas de les dissimuler sous des discours creux et convenus.

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